Se départir de chacun de nos costumes,
Ceux qui un à un nous ont servi,
Lorsque chacun de nos rôles nous avions revêtis,
En des temps où nous survivions, êtres posthumes.
Enlever une à une chacune de ces couches,
Revenir à l’Unique,
Celle qui Est, Juste et Droite en notre souche,
Pour ne plus rejouer ces personnages fatidiques.
C’est la Grande Traversée qui s’opère,
Celle dont on se relève, tête altière.
C’est la Grande Traversée
Qui nous invite à naviguer,
Là où jamais nous n’aurions penser aller.
Les liens se défont un à un,
Les identifications tombent à terre.
La dépendance n’a plus sa place en ce ministère,
Tout se fond et se dissout dans les embruns.
La nage est parfois calme,
D’autre fois vive.
Elle demande la Foi de l’Âme,
Celle qui Tout ravive.
Dans cette Grande Traversée
Le Vide se fait connaître.
Il est là, comme un imminent danger,
Car inconnu à notre intime baromètre.
Et pourtant sur l’Autre Rive
Se meut une Lueur.
Celle dont on sait qu’elle ne dérive,
Car étant le miroir même de notre Coeur.
Pour l’atteindre, sont tombées les résistances,
Celles du contrôle, de la peur et des croyances.
Pour l’atteindre, ne reste qu’une Immanence :
Celle qui nous invite dans notre Seule et Unique Présence.
Lorsque je serai de l’Autre Côté,
Depuis cette Autre Rive
Je pourrai tous vous saluer.
Vous qui avez fait de moi Celle que je deviens, Native,
Celle qui depuis son Intérieur, s’est propulsée.
Alors en un Splendide Flambeau,
Je pourrai vous rendre à cette Vie passée,
Alors comme un Splendide Cadeau,
Je saurai qu’il est venu le temps de chacun, vous remercier.
A mes costumes, et chacune de leur traversée.